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Parlez-vous Franglais ?

« Comme tous les matins, Kelly, 35 ans, enfile son trench coat, prend son smartphone et se rend au travail. Elle a un job de responsable marketing. Ce matin c’est speed, la confcall avec l’équipe CRM a duré plus longtemps que prévu. Kelly a à peine le temps de checker ses mails, avant de partir en pause déjeuner, armée de sa lunch box. Cet après-midi, Kelly doit finir le reporting mensuel et continuer sur son dossier de benchmarketing. Elle est overbookée, et n’aura pas le temps de uploader les pages des réseaux sociaux. Ce soir les collègues ont organisé une after-work, pas sûr que ça matche avec son cours de fitness.

Demain, Kelly est en day off, elle part en week-end avec son nouveau date, ils ont booké trois nuits dans un mobil-home pour respirer loin du rush de la ville. »

Et avec tout ceci, on dit encore que les français ne parlent pas un mot d’anglais…

L’anglais est considéré comme la langue internationale, en France comme dans bien d’autres pays. On estime que plus d’un milliard de personnes se forment à l’anglais chaque année, sans compter la population qui vit dans un pays dont la langue maternelle ou officielle est l’anglais. Le franglais désigne un néologisme emprunté à l’anglais et adapté au langage français.

Internationalisation des marchés économiques oblige, de plus en plus de mots anglais sont monnaie courante dans le monde professionnel. Ainsi, un produit peut être low-cost, tout autant qu’on peut booster sa carrière en prenant des cours d’anglais en e-learning.

Au fil des années, des mots et des expressions anglais se sont glissés en français, à tel point que certains sont rentrés dans les dictionnaires français. Ainsi, parmi les petits nouveaux de 2016, citons open data et selfie. Des équivalences en français existent, mais les anglicismes sont employés par commodité, car ils allègent les conversations. Nous irons plus facilement « jouer au football » que « faire une partie de balle au pied ». Pourtant, bien souvent il s’agit d’un effet de mode : on peut aussi aisément « débriefer un meeting » que « faire le compte-rendu d’une réunion ».

Au-delà de ces aspects, certains mots définissent des nouveaux concepts découverts dans des pays anglophones ; leur équivalence n’existe pas en français. C’est le cas dans le secteur de l’informatique et des nouvelles technologies, où le personnel emploie des anglicismes plus couramment que dans des secteurs où l’impact des langues étrangères est moins présent. Geek, bug, chip, data, click, plugin, scan, et autre download ne sont que quelques exemples du riche vocabulaire informatique arrivé tout droit des Etats Unis. Les autres secteurs d’activité ne sont pas en berne, avec le design, les métiers du marketing, du management, etc.

Surfant sur la tendance des nouvelles technologies, les anglicismes sont depuis de nombreuses années passées dans le langage courant, notamment chez les jeunes. Oui, mais voilà, les jeunes d’hier sont rentrés dans le monde actif aujourd’hui et continuent à parler le franglais dans un contexte professionnel. Plus que parler l’anglais, entendre de l’anglais est devenu omniprésent, comme si la langue de Shakespeare était devenue trendy ; il n’y a qu’à voir les spots publicitaires volontairement laissés en anglais ou mieux, l’impatience de regarder la nouvelle saison de notre série préférée avant sa sortie en France – donc, sans sous-titres (même pas peur, je suis so hype).

Pourtant, développer le BtoBblaster des emailings ou même faire du shopping n’est pas évident pour tout le monde, spécialement pour les anciennes générations, qui n’ont pas grandi avec les mêmes références. L’anglicisme est accusé d’accroitre le clivage entre les différentes générations qui se côtoient dans une même entreprise. Loin de blâmer les néologismes, ces mots issus des autres langues enrichissent mutuellement les langues et les cultures.